Ces expressions qui prouvent que vous êtes… démodé

Ces mots sont sortis de votre bouche et voilà, c'est la honte ! Si vous vous surprenez à lancer des "En voiture Simone" ou "La classe à Dallas" pour ponctuer votre discours, cet article est pour vous : ringardise, quand tu nous tiens...

1-En avant Guingamp

Ces trois mots, qui font référence au club de foot, sont devenus, au fil du temps, une formule populaire qui incite à aller de l’avant. La semaine dernière, le club, fondé en 1912, a changé de logo, mais aussi changé de nom : l'En Avant de Guingamp est devenu simplement l'En Avant Guingamp. Comme l’expression !

2-C’est chaud les marrons

« Chauds les marrons ! » était la phrase lancée par les vendeurs de châtaignes grillées dans les rues afin d’attirer les gourmands. « C’est chaud les marrons ! » désigne quelque chose de compliqué et délicat à réaliser. Raccourcie en « c’est chaud » par les adolescents, elle est synonyme d’une situation difficile, tendue.

3-La classe à Dallas

Pour la beauté de la rime, la génération qui regardait la série américaine « Dallas » a donné à la ville américaine toute sa dimension « bling-bling » grâce à cette expression élevée, depuis, au panthéon de la ringardise. 

4-On se tient au jus

Autrement dit, on se tient au courant : l’expression puiserait ses origines dans le dictionnaire argot où le jus se définit comme étant le courant électrique. Pas sûr, toutefois, qu’on ne reste pas dans le vent…

5-C’est parti mon kiki

Le substantif quiqui est, en argot, une volaille ou un poussin. Le quiqui ou kiki désigne le cou ou la gorge. L’adjectif kiki, abréviation de riquiqui ou rikiki, signifie médiocre ou mesquin. Apparue dans les années 70, la locution « C'est parti, mon kiki ! » peut être remplacée par « on y va » ou « ça démarre ».

6-Emballé, c’est pesé

Cette expression du XIXe siècle concluait initialement une transaction commerciale. On emballe le produit et on passe à autre chose. Plus largement, elle a ensuite marqué la fin d'une situation si simple qu'elle a été réglée rapidement.

7-Faut dégraisser le mammouth

Employée par Claude Allègre, alors ministre de l'Éducation nationale du gouvernement Jospin, lors d'un conflit avec les enseignants en 1997. Cette locution a choqué du fait de sa dimension préhistorique… Le ministre l’a utilisée pour dire qu’il voulait effectuer un licenciement significatif dans la profession.

8-Arrête ton char, Ben-Hur

Expression datant du milieu du XXe siècle signifiant « n’exagère pas », elle est issue du jeu de mot entre le « char » de la Rome antique et le dérivé du verbe « charrier », « transporter dans une charrette » et par extension « exagérer » ou « bluffer ».

9-Ça ne vaut pas tripette

Tripette (petite tripe), et pas triplette, comme on l’entend régulièrement ! Elle signifie « pas grand-chose », « sans intérêt ». Le Robert de la langue française propose comme synonymes les expressions suivantes « ça ne vaut pas un clou », « un kopeck », « pas un pet de lapin » ou encore « pas chipette »… des formules, elles aussi, passablement démodées.

10-C’est la fin des haricots

Cette expression du XXe siècle aurait plusieurs origines. On sait que, jadis, sur les navires, les haricots étaient les vivres mangés en dernier. Autre hypothèse : dans les internats, on donnait des haricots aux élèves quand on ne savait plus quoi leur donner en guise de nourriture. On dit aussi que lors de jeux de société en famille, on prenait des haricots en guise d’argent… La fin des haricots signifiait donc la fin de la partie.

11-Tranquille, Emile

Avec « A l’aise, Blaise », « Relaxe, Max », « Tout juste Auguste » ou encore « Tu parles, Charles », « Cool Raoul », « Fonce Alphonse », « A la tienne, Etienne »… Voilà un florilège non exhaustif des formules toutes faites qui existent grâce à la légèreté de l’assonance. Moins désuète mais bien plus ringarde, « tranquillou bilou » est à éviter absolument, surtout en pleine réunion de travail.

12-Ça tombera pas plus bas

D’une logique implacable… Il s’agit de la meilleure excuse du monde pour ne pas ramasser, ranger et ordonner son chez soi. En prime, elle sent bon la naphtaline.

13-Tu pousses le bouchon (un peu trop loin, Maurice)

Cette locution des années 50 fait allusion au jeu du bouchon consistant à viser des bouchons de liège surmontés de pièces pour les faire tomber, mais aussi à celui de la pétanque où le bouchon désigne le cochonnet. La publicité l’a remise au goût du jour dans les années 2000 à travers un spot pour des mousses Nestlé : « Je t’avais prévenu Maurice (…) Môssieur n’a pas pu résister (…) T’as dépassé les bornes des limites ».

14-Bon sang de bonsoir

« Bon sang de bonsoir » ou « bon sang de bois » sont des euphémismes de « bon sang de bon Dieu », une expression du Moyen-Âge considérée à l’époque blasphématoire par le clergé. Ces variantes considérées comme vieillottes aujourd’hui marquent l’étonnement ou l’indignation dans la syntaxe.

15-En voiture Simone 

Attribuée à la championne de course automobile Simone Louise de Pinet de Borde des Forest dans les années 30 –une des premières femmes à décrocher son permis de conduire, elle fut popularisée dans les années 60 par Guy Lux s’adressant à Simone Garnier, co-présentatrice de l’émission Intervilles. Les allongements stylistiques « c’est toi qui conduis » et « c’est moi qui klaxonne », venus plus tard, sont dénués du moindre charme. 

16-C’est reparti comme en 40

Après la Seconde Guerre mondiale, la locution « C’est reparti comme en 40 » a remplacé « C’est reparti comme en 14 » née en 1918, à la fin de la guerre, et utilisée dès qu’une tension renaît avec l’Allemagne. La déclinaison « C’est reparti comme en 40 » comporte, elle, une connotation de défaite et d’éternel recommencement des guerres comme en 1870, 1914 et 1939.

17-On n’est pas rendu

Elle serait la forme raccourcie de « on n’est pas rendu à Loches » faisant référence à la ville et à la ligne de démarcation, traversée par la route qui, de Tours, en zone occupée, rejoignait Loches, en zone libre pendant la Seconde Guerre mondiale. Par extension, on l’utilise pour dire qu’on est en retard, loin du but ou du résultat.

18-Se casser la margoulette

Datant du XIXe siècle, cette expression, synonyme de « se casser la figure » vient de la signification de « margoulette », la mâchoire, la bouche, et par extension, le visage, la figure.

19-En deux coups de cuillère à pot

En raison de sa taille, la cuillère à pot permet de servir promptement un repas ou de vider rapidement un récipient. L’expression, née au début du XXe siècle, pourrait également venir du lexique maritime, la cuillère à pot étant un sabre d'abordage muni d'une coquille en forme de cuillère destinée à protéger la main et à assommer facilement un assaillant. 

20-Ça sort de derrière les fagots

Employée à tort pour désigner une idée sortie de nulle part, cette expression du XVIIIe siècle signifie « très bon, mis en réserve pour une grande occasion » et s’associait aux méthodes de stockage du vin. Entreposé et conservé derrière des fagots de bois dans une cave, il était très souvent de bonne qualité.