Algues et micro-algues : elles sont partout !

Les algues et les micro-algues s’imposent dans notre vie quotidienne, et pas seulement dans les sushis. On les trouve dans l’alimentation humaine, animale, les carburants… Elles permettent même de limiter la pollution dans les villes. Petit état des lieux à travers treize affirmations vraies... ou fausses !

1-L’agar-agar est prisé dans le cadre d’un régime alimentaire

VRAI. Issu d’une petite algue brune appelée Gracilaria, l’agar-agar possède des propriétés gélifiantes prisées des industriels de l’agro-alimentaire. A la différence de la gélatine, d’origine animale, qui est classée parmi les ingrédients, il est référencé comme additif alimentaire sous le code E406. Il est particulièrement prisé dans le cadre d’un régime puisque, étant constitué à 80 % de fibres solubles, il a le pouvoir d’absorber les graisses. Il fait aussi gonfler l’estomac, augmentant plus rapidement le sentiment de satiété.

2-Le kombu est conseillé aux personnes ayant un problème de thyroïde

VRAI et FAUX. Les algues brunes sont les championnes de l’iode : elles en contiennent parfois mille fois plus que les aliments réputés iodés, comme les huîtres. Par exemple, un gramme de kombu par jour suffit à fournir nos besoins quotidiens (de 0,2 à 0,5 milligramme). Certes, cette richesse contribue à lutter contre l’hypothyroïdie, mais elle peut aussi provoquer une hyperthyroïdie, c’est-à-dire une augmentation de l'activité thyroïdienne.

3-On trouve des extraits d’algues dans nos yaourts

VRAI. Obtenus à partir d'algues rouges, les carraghénanes, qu’on identifie comme l’additif alimentaire E407 sur le packaging des produits transformés, apportent de la texture aux yaourts, crèmes, desserts et autres produits laitiers. Grâce à eux, ces préparations deviennent onctueuses… C’est pourquoi on les trouve aussi dans beaucoup d’autres préparations comme les soupes, les cordons bleus ou encore les plats préparés industriels.

4-Les algues servent d’absorbant dans les couches culottes

VRAI. Eh oui, les algues sont de vraies éponges… Contenus dans deux algues brunes, le kombu et le wakamé, les alginates (identifiés comme additif alimentaire sous le code E400) sont d’une part utilisés dans les sauces comme liant (l'alginate de sodium est l'additif alimentaire E401), mais aussi dans les couches culottes ou les pansements comme absorbant. On les trouve même dans les pâtes de moulage pour appareils dentaires !

5-Il existe des murs d’immeuble en micro-algues

VRAI. Une biofaçade a été expérimentée il y a trois ans sur un immeuble de Champs-sur-Marne, en Ile-de-France. L’objectif était de faire diminuer les besoins en chauffage et climatisation du bâtiment. Pari réussi : ils ont été réduits de moitié grâce aux micro-algues installées comme une double peau sur l’immeuble. A Paris, l’idée de cultiver des micro-algues sur les façades, pour isoler et purifier l’air en absorbant le CO2, a fait son chemin : un immeuble de ce type doit voir le jour en 2020 dans le XIIIe arrondissement de la capitale.

6-La spiruline est riche en fer mais pauvre en protéines

FAUX. Hyper nourrissante, cette micro-algue bleu-vert est plébiscitée des sportifs et des végétariens pour ses apports en acides aminés essentiels (fer, bêta-carotènes, vitamine A, calcium…) mais aussi ses qualités nutritionnelles exceptionnelles, notamment ses apports en protéines, qui sont deux fois plus élevés que la viande ! Popeye n’a plus qu’à laisser tomber les épinards…

7-Les algues ne sont pas recommandées dans les soins de peau

FAUX. Tous les grands noms de la beauté ont une gamme de cosmétiques marins, et ce n’est pas un hasard… Actuellement, une quarantaine d’algues sont utilisées en poudre ou en extrait dans ce domaine, notamment les algues rouges, prisées pour leurs propriétés émollientes, régénératrices (à l’instar de l’Asparagopsis armata, en forme de fougère, pour lutter contre les imperfections cutanées), hydratantes (la mousse d’Irlande, Chondrus crispus, pour une peau tonifiée et nourrie), ou encore cicatrisantes, amincissantes (Corallina officinalis, ressemblant à du corail miniature) et drainantes.

8-Demain, les vaches pourraient brouter des algues

VRAI. En 2016, des scientifiques de l'université James Cook en Australie ont découvert qu'une algue rouge du nom de Asparagopsis taxiformis, ajoutée à l’alimentation des vaches et des moutons à raison de seulement 2%, réduisait leurs émissions de méthane dues aux rots et aux déjections de 85% (rumination des vaches) et 50 à 70 % (celle des moutons). Pour rappel, le méthane est un gaz à effet de serre environ 25 fois plus puissant que le CO2. Une seule vache en génère autant chaque année qu’une voiture parcourant 20 000 kilomètres.

9-Certaines algues contiennent plus de calcium que le lait

VRAI. La teneur en calcium de certaines algues, telles que la dulse (algue rouge de couleur pourpre) ou le lithothamme (algue rouge ressemblant à du corail) est bien supérieure à celle contenue dans le lait, notamment sous forme de carbonate de calcium, parfaitement assimilable par l’organisme. Or, le calcium est essentiel à la minéralisation osseuse. Il favorise la croissance, la régénérescence, l’entretien et la solidité du squelette et prévient de maladies comme l’ostéoporose.

10-Des algues à la place du coton, c’est possible

VRAI. Demain, tous habillés avec des algues ? Possible, surtout que l’industrie du textile est l’une des plus polluantes au monde. On peut aujourd’hui extraire des algues des fibres pour fabriquer des tissus et des teintures naturelles et quelques start-ups se sont lancées sur ce créneau novateur. Même chose pour les emballages et les objets, avec la mise au point des biopolymères, qui entrent dans la composition du plastique afin de créer du bioplastique. Une technologie pleine de promesses, lorsque l’on sait que les mers et océans du monde entier sont pollués par le plastique.

11-Des puits de carbone pourraient voir le jour en ville

FAUX. Ils existent déjà ! Quatre puits de carbone, mis en place par Suez, sont actuellement en phase de test sur l'Île-de-France. Il s'agit de colonnes remplies d'eau et d'algues capables de capter les particules fines et polluants de l'air (C02, N02) et, par photosynthèse, de rejeter de l’oxygène. Un seul puits de carbone permettrait de remplir le rôle d'une quarantaine d'arbres. Cette technologie est également à l'essai dans des cheminées d’usine. Cette fois-ci, l’enjeu premier est d'absorber le C02... et il y arriverait plutôt bien, puisqu'un seul équivaut à ce que pourraient faire 75 arbres.

12-Les algues sont le carburant du futur

VRAI. La fermentation des micro-algues bleu-vert, réputées pour capturer le CO2 puis rejeter de l’oxygène, permet de produire du biogaz utilisable comme biocarburant. Ces micro-algues peuvent également être exploitées en biomasse. Cette énergie de troisième génération, prometteuse, n’est pas encore au point. En revanche, selon, un rapport publié fin 2008 par le ministère de l’Écologie, le rendement énergétique des algues est faible. Cette solution est donc moins recommandée.

13-Les algues sont à consommer sans modération

FAUX. Malgré leurs bienfaits, toutes les algues qu’on retrouve dans nos assiettes sont soumises à une réglementation stricte, en raison de leur teneur en germes, en métaux lourds (mercure, plomb, étain…) et en iode, dont de trop fortes doses peuvent entraîner des problèmes de thyroïde. Les algues possèdent en effet une très grande capacité à concentrer les éléments minéraux de toutes sortes, bons ou mauvais pour le consommateur.